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SIGNAUX DE LA FED - QUELLES RÉPERCUSSIONS ?

il y a un mois
Il existe un vieil adage du marché : « On ne lutte pas contre la Fed ». La Réserve fédérale américaine, communément connue sous le nom de « Fed », est la principale banque centrale mondiale. À ce titre, et dans la mesure où elle dispose d’un arsenal considérable, il faudrait qu’un trader soit courageux ou stupide pour parier contre elle. Bien qu’elle ne déclare jamais explicitement ses intentions, la Fed envoie régulièrement des signaux sur ses futures mesures de politique monétaire. S’il est vrai que la stabilité des marchés ne fait pas partie de son mandat, la Fed possède indéniablement la capacité de faire fluctuer les marchés en quelques mots.

L’heure n’est plus aux devinettes comme c’était le cas auparavant. Les orientations prospectives, introduites au début des années 2000, facilitent l’interprétation de la pensée de la Fed. Toutefois, les marchés financiers doivent toujours savoir que les orientations ne sont valables qu’à court terme. Les priorités et la politique peuvent changer en fonction des arrivées et des départs des gouverneurs qui composent l’organe responsable de la définition de la politique monétaire de la Fed. Cela pourrait expliquer pourquoi les conférences de presse de la Fed sont suivies d’aussi près et les changements dans les nuances sont abondamment débattus.

Un élément est parfaitement clair. Lorsque les marchés financiers se sont effondrés pendant le confinement mis en place par les gouvernements en mars, le président de la Fed Jerome Powell a déclaré qu’il n’y avait « pas de limite » aux mesures de relance monétaire que la Fed fournirait. Soutenus par des liquidités infinies, les marchés ont fortement rebondi. Toutefois, si les banques centrales interviennent constamment lorsque les prix des actifs cèdent du terrain, où est le risque baissier pour les investisseurs ? Les marchés financiers pourraient bien être devenus dépendants de la générosité de la Fed. On a dit que la fête haussière pourrait se terminer brusquement si la Fed venait à fermer le robinet à liquidités.

Les orientations concernant le cadre de politique de la Fed ont changé récemment, afin de tenir compte de l’objectif flexible d’inflation moyenne (« flexible average inflation targeting » ou FAIT). L’inflation est inférieure à l’objectif de 2 % depuis quelques années. Avec le FAIT, la Fed peut désormais autoriser une « surchauffe » de l’inflation pendant quelques mois, avant de répondre avec un relèvement des taux d’intérêt pour la faire redescendre. Cette politique semble prudente, car une flambée des prix pourrait bien se dessiner à l’horizon, suite aux mesures de relance colossales de la banque centrale et du gouvernement. La Fed peut désormais éviter d’être forcée de relever ses taux en cas de hausse de l’inflation, en particulier compte tenu de la fragilité de la demande. 

Il est juste de dire que les marchés financiers dépendent de la Fed, non seulement pour ses mesures de relance monétaire, mais également pour ses orientations politiques, à tel point que toute réticence à envoyer des signaux peut être perturbante. L’absence de feu vert de la Fed peut troubler les marchés tout autant que le signal dissuasif des relèvements de taux d’intérêt. Dans le contexte de valorisations élevées et d’incertitudes géopolitiques, les signaux de la Fed continuent d’être une source aussi bien de réconfort que de faux espoirs. 

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